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LIGNES • SENLIS • 2 SEPTEMBRE 1914

 

 

   “En 1870-1871, Senlis avait subi pendant plus d’un an (22 septembre 1870 – 6 octobre 1871) l’occupation allemande et avait été imposée d’une contribution de 331 342 F.

   En 1914, les Allemands ne sont restés que neuf jours, mais leur passage a laissé des traces douloureuses. La ville fut pillée, mise à sac, dévastée.

   Le 2 septembre, les Allemands, avançant par les routes de Verberie et de Crépy, ouvrent le feu sur la ville. Une vingtaine d’obus atteignent la cathédrale, d’autres s’abattent dans le quartier central. A 3 heures, l’avant-garde ennemie entre dans la ville et l’encercle. Elle est accueillie à coups de fusil par des soldats français et des tirailleurs sénégalais qui tiennent le faubourg Saint-Martin. Prétextant que des civils et des « francs-tireurs » ont tiré sur eux, les Allemands commencent le sac de la ville.

   Le maire, M. Odent, qui a reçu sur la place Henri-IV l’État-major allemand, est pris comme otage. Conduit à Chamant (3 km N.-E.), il est l’objet des plus odieuses brutalités ; enfin vers 11 heures du soir, il est interrogé par trois officiers qui l’informent qu’il va être fusillé. Deux soldats l’entraînent à une dizaine de mètres et lui mettent deux balles dans la tête. Quelques heures auparavant, six de ses compatriotes avaient été également exécutés.

   Pendant ce temps, la gare est incendiée, ainsi que l’octroi municipal et l’hôtel du Nord. Le restaurant Encausse et l’hôtel de France subissent le même sort. Dans la rue Bellon, le feu est mis à la torche aux maisons d’angle ; il se communique ainsi jusqu’au carrefour de la Licorne. La sous-préfecture, d’une jolie ordonnance classique, est la proie des flammes qui détruisent également le bâtiment des Ponts et Chaussées, le moulin des Carmes, une aile du quartier de cavalerie, l’ancien quartier des gardes du corps. En outre, plusieurs habitants, parmi lesquels des femmes et des enfants, sont placés devant les troupes et exposés au feu des Français.

   Malgré ces actes de barbarie, malgré les menaces des officiers allemands qui voulaient faire de Senlis un « Louvain français » la population reste calme et stoïque. Pour sa belle conduite devant l’ennemi et ses souffrances héroïquement supportées, la ville s’est vue décerner la croix de Guerre.”

DÉPLIANT S.N.C.F. (JUIN 1938)
DÉPLIANT S.N.C.F. (JUIN 1938)
RÉFÉRENCE
  • Les Guides Bleus • Environs de Paris Réseaux du Nord et de l'Est • Librairie Hachette (1921)
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11.11.2017